La société minière d’État de la République Démocratique du Congo, Gécamines, a annoncé un partenariat stratégique avec Mercuria Energy Group Ltd pour le commerce de sa part de production en cuivre et cobalt provenant de ses coentreprises avec de grands acteurs mondiaux. Ce mouvement marque une nouvelle étape dans l’engagement de Gecamines à maximiser sa participation dans les grands projets miniers du pays, où des géants comme Glencore Plc et CMOC Group Ltd. exploitent des ressources essentielles.
Un partenariat clé pour surmonter les défis financiers et logistiques
Selon le président de Gecamines, Guy-Robert Lukama, la société cherche à s’impliquer davantage dans le marketing et la vente de sa production minière, mais fait face à des défis financiers et logistiques majeurs. Nous avons commencé à identifier ceux qui pourraient se joindre à nous pour surmonter ces obstacles, et nous avons choisi Mercuria pour nous accompagner dans cette démarche, a déclaré Lukama lors du sommet FT Métal and Mining à Londres. Toutefois, les détails exacts de la collaboration entre Gecamines et Mercuria restent à préciser.
Mercuria : Une expansion rapide dans le secteur des métaux
Mercuria, traditionnellement un acteur dominant dans le secteur de l’énergie, se développe désormais dans le commerce des métaux, avec un focus particulier sur les pays riches en cuivre d’Afrique centrale, notamment la République Démocratique du Congo. Le groupe, qui a connu une augmentation de ses bénéfices dans le commerce des métaux de 300 millions de dollars en 2025, a également signé une alliance stratégique avec la Zambie, le deuxième plus grand producteur de cuivre du continent après le Congo. Kostas Bintas, responsable de la division métaux chez Mercuria, a déclaré que de nouveaux détails sur le partenariat avec Gecamines seraient révélés prochainement.
L’avenir de Gécamines : plus de contrôle sur les métaux et de nouvelles acquisitions
Ce partenariat intervient dans un contexte où Gecamines cherche à reprendre le contrôle de la commercialisation de sa production, après avoir constaté que des ventes à des prix inférieurs au marché étaient courantes dans les coentreprises avec les actionnaires majoritaires. Le cuivre et le cobalt produits dans ces coentreprises pourraient représenter entre 300 000 et 400 000 tonnes de cuivre à vendre chaque année. De plus, Gécamines prévoit d’acquérir Chemaf Ressources Ltd, un producteur de cuivre et de cobalt, une acquisition qui renforcerait sa capacité opérationnelle immédiate. Le projet Mutoshi, un site phare de Chemaf, pourrait devenir l’une des plus grandes sources de cobalt au monde si sa phase de développement est achevée. Gécamines espère devenir un actionnaire clé de Chemaf, en s’associant avec des partenaires capables d’opérer les mines, une démarche qui, selon Lukama, permettra à l’entreprise de renforcer sa position sur le marché minier international donc une nouvelle ère pour Gecamines.
Ce partenariat avec Mercuria et l’ambition d’acquérir Chemaf marquent un tournant majeur pour Gecamines, qui se positionne ainsi comme un acteur plus audacieux et stratégique sur la scène internationale du cuivre et du cobalt. La société semble déterminée à ne pas rester spectatrice dans l’exploitation de ses ressources naturelles, mais à jouer un rôle actif dans le commerce et la gestion de ses métaux.
Jeef Kazadi